Créée en 1897, la petite verrerie de Feuquières frôle la disparition en 1984. Loïc Quentin de Gromard en prend alors la tête et fait le pari pertinent d’une stratégie reposant sur le développement du marché premium des vins et spiritueux. Grâce à une politique d’investissement audacieuse, il construit le leader mondial de la bouteille de luxe, disposant d’un effectif de 3 600 personnes réparties dans ses six usines de France, des Émirats arabes 
unis et du Mexique et affichant une croissance annuelle de 10 % pendant trente années.

Exposé de Loïc Quentin de Gromard

Après des études d’ingénieur, j’ai travaillé dans une banque pendant quatre ans, tout en suivant une formation d’ingénieur-conseil. Puis j’ai quitté ce métier, car j’avais du mal à supporter la présence de plusieurs niveaux hiérarchiques au-dessus de moi. Je suis devenu directeur financier d’une PME dans le secteur de l’équipement automobile et, très vite, j’ai pris la direction de l’entreprise, ce qui m’a conduit à parcourir le monde et m’a donné le goût de l’export. Ayant des vues assez divergentes de celles de mes actionnaires, j’ai dû me séparer d’eux, ce qui signifiait chercher un autre emploi…

Après une année sabbatique consacrée à un vieux rêve, l’étude de la macroéconomie, je me suis lancé dans une activité d’ingénieur-conseil, ce qui m’a conduit, un matin de septembre 1984, à signer un contrat avec la Société autonome de verrerie de Feuquières, pour l’aider à élaborer un plan de relance. J’avais 35 ans et je devais rester trois mois dans l’entreprise. Dès 1985, je prenais la tête de la société et, trente-six ans plus tard, je suis toujours là, désormais en tant que président non exécutif, Jean-Marc Arrambourg étant le président exécutif depuis deux ans maintenant.

Lhistoire de la verrerie de Feuquières

Cette entreprise a été fondée en 1897 près de Beauvais, aux confins de la Normandie et de la Picardie. Elle est située à la source de la Bresle, dont la vallée a été un des fiefs traditionnels de l’industrie du verre en France depuis le XVIIe siècle, grâce à l’abondance d’énergie qu’offraient les forêts environnantes.

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