- Les grands enjeux des innovations financières
- Quelques innovations financières marquantes
- L’efficacité des innovations financières
- Conclusion
- La déconnexion de la finance vis-à-vis des sous-jacents macroéconomiques
- Innovation financière et innovation réglementaire
- Innovation technologique et innovation financière
- Finance verte, dynamique et limites
- Responsabilités liées aux conséquences de la finance
Quelles sont les grandes innovations qui ont déterminé la fabrique du système bancaire et financier moderne ? Les plus récentes répondent-elles aux enjeux numériques, sociaux et environnementaux actuels ? Permettent-elles d’améliorer la réglementation financière et de réduire les risques de crise future ? Alexis Collomb nous présente un panorama de ces innovations, leur émergence et leur évolution, et plus généralement, revient sur la manière dont le système financier sert l’économie et la société.
Exposé d’Alexis Collomb
L’innovation en finance est-elle à la hauteur des grands enjeux contemporains ? Cette question est à la fois ambitieuse et compliquée. Je l’aborderai avec humilité et avec une certaine prudence, et j’illustrerai mes propos par des exemples rencontrés au cours de ma carrière.
Les grands enjeux des innovations financières
La finance joue un rôle central dans l’atteinte des 17 objectifs de développement durable (ODD) que l’ONU a fixés en 2015 dans le cadre de son Agenda 2030, par exemple : pas de pauvreté, faim “zéro”, bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement, énergie propre et d’un coût abordable, etc.
De façon plus générale, l’une des fonctions fondamentales de la finance est de promouvoir le bien-être économique, et ce, de manière stable. Les banques centrales comme la Banque centrale européenne (BCE) ou la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) ont pour mandat d’assurer la stabilité des prix. La Fed doit également s’assurer du plein emploi.
J’ai grandi avec un modèle qui est aujourd’hui fortement mis en cause, celui d’une croissance économique accompagnée d’une innovation florissante. Le progrès allait résoudre les problèmes un par un et apporter une amélioration substantielle des conditions de vie de tous. Aujourd’hui, les théoriciens de la décroissance font une critique acerbe de la croissance économique telle que mesurée, par exemple, par le PIB, et de l’innovation qu’ils jugent inaptes à résoudre les problèmes contemporains. Parallèlement, la finance est aussi désignée comme le bouc émissaire de tous les maux : « L’ennemi, c’est la finance ! » Il y a du vrai dans cette affirmation lorsque la finance est dévoyée, mais elle est surtout utilisée à des fins électoralistes.
Pour décrire de manière caricaturale la finance et ses paradigmes, je place côte à côte le monde de la finance spéculative et le monde de la finance bâtisseuse, et je les sépare d’un trait en pointillé, car il y a une certaine porosité entre ces deux mondes.
La finance spéculative pure représente tout ce qui a amené le grand public à détester les financiers. On peut la caricaturer par l’image du jeune trader de 25 ans, assis à la terrasse d’un hôtel de luxe, en train d’effectuer toute une série de transactions sur son ordinateur portable. Sa seule préoccupation est de faire des profits, sans s’inquiéter un seul instant de l’impact que ces profits peuvent avoir sur la société.
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