Pour certains opérateurs exerçant des tâches pénibles, la direction de l’innovation de la RATP peut prendre en charge l’expérimentation d’exosquelettes. L’objectif n’est pas de promouvoir une technologie, mais bien de répondre à un problème non résolu. Pour cela, elle procède de façon rigoureuse, lors de la preuve de concept, en évaluant notamment les effets biomécaniques et psychologiques de l’exosquelette, son impact sur la performance, sa contribution à la sécurité de l’opérateur et sa perception par l’entourage professionnel.

Exposé de Nicolas Stuyvers et Gilles Tauzin

Gilles Tauzin : Le groupe RATP, au-delà de son activité de transporteur parisien, est le troisième opérateur mondial de mobilité urbaine. Il est présent dans une quinzaine de pays et compte 71 000 salariés répartis dans 780 villes et territoires, avec un panel de métiers très diversifié : gestion de pôles de transport (souvent souterrains, mais aussi de surface), infrastructures, sûreté, ingénierie, télécoms, logistique, mécénat, etc. Cette large gamme d’activités nous offre énormément de terrains d’innovation, avec des enjeux environnementaux, technologiques, sociétaux et de service.

En 2024, notre portefeuille comprend plus de 300 projets innovants, dont les trois quarts sont menés directement au sein des métiers. Les autres, ayant vocation à permettre au Groupe, à échéance de cinq à dix ans, de franchir des paliers sur des sujets complexes ou transversaux, sont confiés à la direction de l’innovation. Ils sont regroupés en 5 programmes stratégiques : innovation digitale, avec notamment les capteurs augmentés ; fabrication additive ; véhicules autonomes ; ville intelligente ; NTAP&R, ou nouvelles technologies d’assistance physique et réalités (ce dernier terme recouvrant la réalité augmentée et la réalité virtuelle).

Le programme NTAP&R

Le programme NTAP&R, lancé en 2021, est structuré en quatre axes technologiques : exosquelettes, robots, cobots et réalités étendues. Les projets NTAP&R sont systématiquement confiés à un binôme représentant le métier porteur du projet (maintenance de trains, maintenance d’escaliers mécaniques, entretien de voies, etc.) et la direction de l’innovation. Ces projets sont menés en lien avec l’ensemble des autres acteurs concernés (prévention, médecine du travail, instances de représentation du personnel).

Tous ces projets étant réalisés en Île-de-France, ils sont financés par Île-de-France Mobilités, dont nous sommes l’opérateur au titre du monopole historique qui va s’éteindre progressivement.

La première particularité de nos projets est que, plutôt que de chercher à promouvoir des technologies, ils visent à apporter des solutions à des problèmes qui n’en trouvent pas, que ce soit en matière d’ergonomie, de prévention, ou encore d’aménagement de poste de travail. Le programme n’est d’ailleurs mobilisé qu’une fois que toutes les autres solutions collectives ont été explorées.

Deuxième particularité, le NTAP&R ne fait appel qu’à des technologies d’assistance et non de remplacement, ce qui est crucial pour l’acceptabilité des projets.

La troisième caractéristique de notre approche est que nous commençons toujours par tester la solution envisagée dans un atelier précis, pendant une période allant de quelques mois à environ un an, au terme de laquelle nous prenons la décision de déployer la solution ou non. Lorsqu’il semble intéressant de la transférer dans un autre atelier ou un autre service, nous procédons à une nouvelle évaluation afin de nous assurer que ce transfert est pertinent.

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