Éditorial

Par Thomas PARIS

Longtemps, il y avait eu la crise de 1929… La Big one, le parangon, la mère de toutes les crises, presqu’un prototype, hantise spectrale de notre mémoire collective. Puis est arrivée 2008, la crise des subprimes, puis celle du Covid-19, puis celle de l’invasion de l’Ukraine, puis celle du détroit d’Ormuz… La notion de crise globale semble avoir perdu son caractère d’exception, être devenue une nouvelle normalité.

Les crises peuvent survenir à une échelle plus localisée : celle d’une entreprise ou d’une organisation, celle d’un territoire ou d’une municipalité. C’est un cyclone qui s’abat sur une île dont il produit l’effondrement, c’est un opérateur de transport public qui doit achever un chantier d’envergure avant un événement majeur, comme les JO de 2004, c’est une entreprise industrielle confrontée à un déficit abyssal ou une autre dont les activités ont subi quatre crises conjoncturelles majeures en seize ans. Ce sont, enfin, des municipalités qui sont confrontées à des problèmes chroniques variés.

Les organisations font face à des crises diverses, d’ampleurs variées, relatives à leur contexte externe ou à leur situation propre, progressives ou brutales. Derrière cette variété, ces crises dessinent toutes l’exigence d’une bascule vers un régime différent. Les anciens repères comme les anciens réflexes ne sont plus opératoires, les processus sont contournés. Les boussoles ne sont plus les mêmes : à la vision de long terme et à la stratégie se substituent la trésorerie et le droit, au pilotage par les coûts est préféré un pilotage par le planning. Sortir de la crise implique de considérer d’autres indicateurs et d’autres leviers.

Une crise, c’est mille et un détails qu’il s’agit de traiter dans un contexte de rareté des ressources et d’urgence. Sa gestion passe par une organisation ad hoc, qui se superpose, voire se substitue provisoirement à l’organisation de régime permanent. Plus encore, elle la transcende : l’organisation devient agile, organique, elle provoque un engagement remarquable, une solidarité exceptionnelle, elle révèle et mobilise des ressources insoupçonnées, elle catalyse le changement…

Tirer parti du pouvoir prodigieux des crises semble pourtant conditionné à la violence de leur réalité. Pour Mayotte, l’urgence, l’immédiateté et la visibilité des effets ont produit des miracles. Le plus souvent, faire accepter l’idée même de crise est le premier des enjeux. Même lorsqu’il s’agit d’une crise existentielle pour l’humanité.

Sommaire

Articles

Parrains & partenaires

Logo Algoé
Logo Chaire etilab
Logo Chaire Mines urbaines
Logo Chaire Phénix – Grandes entreprises d'avenir
Logo ENGIE
Logo Groupe BPCE
Logo Groupe RATP

Holding 6-24

Logo Id VectoR
Logo IQSOG
Logo L'Oréal
Logo La Fabrique de l'industrie
Logo Mines Paris – PSL
Logo NaTran
Logo UIMM
Logo Université Mohammed VI Polytechnique

Le comité de soutien

Pour appuyer les développements de l’École de Paris, notamment dans son ouverture internationale, nous avons créé un comité de soutien.

Il permet à ceux qui sont attachés à nos activités de nous soutenir par des dons personnels, ou de leur entreprise.

Voici nos membres actuels :

Pour obtenir plus de précisions sur les modalités d’adhésion au comité de soutien, n’hésitez pas à nous consulter.

 

  • Le Journal de l’École de Paris du management est édité par l’Association des Amis de l’École de Paris – 60, boulevard Saint-Michel – 75272 Paris Cedex 06 – France
  • Tél. : 01 42 79 40 80
  • E-mail : contact@ecole.org
  • ISSN : 1253-2711
  • Directeur de la publication : Michel Berry
  • Cofondateur : Thierry Weil
  • Comité éditorial : Michel Berry, Caroline Elisséeff, Thomas Paris et Marie Vallée
  • Rédactrice en chef : Caroline Elisséeff
  • Secrétaire de rédaction, maquettiste et iconographe : Marie Vallée
  • Responsable des abonnements : Mathieu Degoul
  • Photo de couverture : L’épanouissement de sept côtes avec de gros poissons de Kuniyoshi Utagawa © Molteni & Motta / UIG / Bridgeman Images
  • Illustration dans le premier article : Véronique Deiss
  • Réalisation en html : Simon Duflos © Pour toute reproduction totale ou partielle, contacter l’École de Paris du management.

L'accès à cet article est payant

Si vous avez déjà acheté le Journal, ou si vous êtes abonné, merci de .

Si vous souhaitez consulter ce numéro ou vous abonner, cliquez ci-dessous pour plus d'informations :

Les cookies Google Analytics
Ce site utilise des cookies de Google Analytics, ces cookies nous aident à identifier le contenu qui vous interesse le plus ainsi qu'à repérer certains dysfonctionnements. Vos données de navigations sur ce site sont envoyées à Google Inc